Miloud Triaa, Directeur de la Pêche au ministère de l’Agriculture : LSA «46 millions de poissons ensemencés au cours de cette saison»
Le directeur général de la pêche marine au ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche, Miloud Triaa, a présenté une stratégie nationale axée sur la diversification durable de l’économie, la préservation des ressources halieutiques et leur exploitation rationnelle et responsable. Cette approche s’inscrit dans une démarche plus large, dans le but de renforcer la sécurité alimentaire nationale et de réduire la dépendance de l’étranger.
Massiva Zehraoui – Alger (Le Soir) – L’Algérie compte actuellement 27 projets de production d’aquaculture, a avancé hier, Miloud Triaa lors de son intervention dans l’émission «Invité du matin» sur la radio Chaîne 1. Il a signalé un enregistrement d’opérations d’extension en continu, soulignant l’intérêt croissant des investisseurs pour ce secteur. «La saison en cours a connu l’ensemencement d’environ 46 millions de petits poissons, soit une augmentation de 50% par rapport aux saisons précédentes, ce qui représente une quantité record et met en évidence le succès de la politique nationale suivie dans ce domaine», a-t-il précisé. Sur le volet de la diversification de la production, Miloud Triaa a indiqué que le pays cultive deux principaux poissons en eau de mer ; la dorade et le loup, ainsi que le tilapia rouge en eau douce. Il a également évoqué une orientation vers le lancement de projets d’élevage de crevettes, en coopération avec le Japon, et leur expansion envisagée dans un avenir proche, «après le succès des expériences communes récemment menées dans ce domaine». Le responsable a par ailleurs rappelé la mise en place d’un «ensemble de nouveaux projets et mesures» destinés à soutenir le secteur de l’aquaculture en Algérie, en particulier dans les wilayas de l’intérieur. En premier lieu, la wilaya de Chlef est présentée comme « un leader dans l’élevage de poissons d’eau douce, notamment le tilapia rouge, connu localement sous le nom de «poisson Tilapia». «Nous avons l’intention de lancer des opérations de production et d’ensemencement de crevettes et de tilapia dans des bassins communs», a-t-il expliqué, soulignant que l’aquaculture en eau douce est envisagée comme un levier pour assurer la durabilité des ressources marines et renforcer la contribution du secteur à la sécurité alimentaire nationale. Cette approche s’inscrit, selon lui, dans le cadre du développement de projets d’aquaculture marine et intérieure. Le ministère travaille également au développement des industries de transformation et d’accompagnement de l’aquaculture, notamment la fabrication d’aliments pour animaux, le conditionnement des produits de la pêche et l’élevage de petits poissons. L’objectif est de réduire la dépendance vis-à-vis des marchés mondiaux et d’encourager une production locale plus autonome. Le directeur de la pêche a insisté sur le fait que «le secteur devrait attirer de nouveaux investissements afin de localiser la production d’aliments pour animaux et de petits poissons». Mais aussi diminuer les entraves liées à l’approvisionnement international. D’après lui, l’Algérie possède les capacités nécessaires pour devenir un pôle régional dans l’aquaculture, en particulier dans les wilayas du sud et de l’intérieur. La wilaya de Chlef est à nouveau mise en avant comme une référence, avec la perspective d’exporter vers les pays voisins. L’objectif exprimé est « d’arrêter définitivement l’importation de poissons d’eau douce et de renforcer la production nationale durable ». Miloud Triaa a rappelé que le ministère a procédé, en 2024, à un recensement global des bassins d’eau utilisés dans l’irrigation, afin de servir de base à la définition des objectifs futurs dans le domaine de l’extension de l’opération d’ensemencement, notamment par la conclusion de contrats d’efficacité au niveau des wilayas. Par ailleurs, il a souligné que les résultats du recensement général du secteur agricole pour l’année 2024, en matière notamment du nombre de bassins destinés à l’irrigation, devraient être exploités pour étendre l’aquaculture à travers la création de petites coopératives regroupant les agriculteurs et les jeunes diplômés des instituts relevant du secteur de la pêche maritime. Enfin, Triaa a annoncé que la loi de finances pour l’année 2025 prévoit l’instauration d’un nouveau système d’incitations, incluant la catégorie des femmes au foyer, afin de soutenir et d’encourager les initiatives locales et l’investissement privé dans l’aquaculture et les activités associées. Cette série de mesures vise, selon ses propos, à faire de l’Algérie un acteur clé de l’aquaculture régionale tout en garantissant une sécurité alimentaire renforcée et une réduction progressive de la dépendance extérieure.
M. Z.